dimanche 5 avril 2009

Sang d'encre



Sans verser une larme
Le sang d'encre
S’écoule tel un charme
Du livre feuilleté

Les mots d’une vie
Même inassouvie
S’étalent calligraphiés
Mis à nus

Maintenir l’ancre
Malgré la force des crues
Répandre le sens
Sous les flots de conscience

Laver l’âme
Page après page
Pour que naisse une nouvelle image
Source d’une future trame
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(le tableau est l'oeuvre de Joëlle Chen, voir son site ici)

8 commentaires:

chris a dit…

l'encre déshabille l'âme, pour y voir la transparence de ses envies ou d'un moment de vie...

pandora a dit…

Ce poème là me parle tout particulièrement avec l'écriture (achevée) du manuscrit, j'aime vraiment beaucoup.
Et le tableau de Joelle Chen aussi qui est vraiment très douée (moi ce sont souvent ces peintures au couteau que je préfère)

Quichottine a dit…

J'ai aimé cette image et j'aime les mots que tu lui as donnés.

Un livre peut saigner... sans aucun doute.

Joëlle a dit…

J'arrive, j'accours !...merci de m'avoir tiré par les yeux chère Tisseuse ;-)

Tes mots ainsi posés sur l'inspiration sont harmonie.
Une douce invitation à la poésie, j'ai apprécié ton association à la Calligraphie, oui... par ce sang d'encre ;-)
Amitiés.

Tisseuse a dit…

Chris > j'aime l'apparente opposition entre encre et transparence ;-)

Pandora > c'est chouette que tu ais repris ce tableau afin de faire un billet sur ton blog au sujet de ce manuscrit :)

Quichottine > le sang du livre ce sont ses mots qui circulent de lui à nous

Joëlle > je suis une amoureuse du travail des calligraphes et des enlumineurs
et totalement séduite par ton travail pictural :)

Cacoune a dit…

Tes 4 derniers vers résonnent en moi mais pour y faire écho inversé avec les doutes que je ressens encore à ce sujet, en ce moment.

Est-il vraiment nécessaire d'aller au bout pour que seulement enfin une nouvelle image soit ?

La position intermédiaire n'existe-t'elle pas ? Une intermédiaire que l'on vivrait temporaire, sur l'instant, pour finalement en faire du temporaire qui dure ? Est-ce vraiment une fuite ce début de fuite vers l'interédiaire ?

Quand étouffe-t'on le plus : avant, quand on refuse de regarder, ou pendant quand on regarde et qu'on a mal de regarder ?

Et puis après, la douleur ressentie pendant nous lave-t'elle vraiment de l'étouffement ?

Sur ce, je crois qu'il est temps que j'aille manger, je commence à délirer :o)

Tisseuse a dit…

Cacoune > difficile de répondre à tes interrogations par un autre commentaire, surtout sur un texte qui est exprimé en poésie

si je disais la même chose en prose, je ne parlerais pas de "nouvelle image", mais de la réalité profonde, reconnue, acceptée, et dévoilée

je ne sais pas s'il est nécessaire d'aller au bout pour tout le monde (chaque chemin est différent)
mais je crains que les positions trop médianes ne soient qu'une protection illusoire, et conservent en elles trop de douleur

il y a certaines douleurs à traverser afin d'aller mieux ensuite, j'en suis persuadée, comme dans un processus de naissance

tiniak a dit…

ça (rou)coule de (belle) source