lundi 4 octobre 2010

Le Pilat


Ah, le Pilat de mon enfance....
Oui, c'est le Crêt de la Perdrix, avec son aperçue sur la chaîne des Alpes, par beau temps. Et le col de la République pour lequel il faut avoir de fameux mollets avant de s’y risquer à vélo. Et enfin les coursières aux sorties de la ville de Saint Etienne pour se retrouver très rapidement sur les hauteurs, prêt à arpenter les immenses bois de sapins.

Mais c'est surtout un petit coin, un havre de paix !
Bien avant Bourg Argental, qui s’enorgueillit d’être la Porte du Soleil (car c’est déjà le versant sud, plus riant, qui lorgne vers la vallée du Rhône), il y a cet endroit, que je m’étais appropriée du haut de mes quelques années, situé entre Graix et Colombier (deux petits villages de moyenne montagne proche de Saint Julien Molin Molette), au lieu dit « Le Puy de Luzina ».
Presque chaque dimanche, à la belle saison, je retrouvais son chemin de noisetiers, ses framboises, et ses mûres à foison. Maman n’avait pas son pareil pour dénicher les fraises des bois, cachées sous leurs feuilles, et les champignons de toute nature. Les mousserons glanés dans le pré étaient, le soir même, fricassés dans une omelette délicieuse.
C’était aussi le serpolet qu'on ramassait pour la tisane, et les babets (1) afin d’alimenter le poêle de la grand-mère.
Je m'étais inventée un monde à partir du bosquet d’arbres isolé en plein milieu du pré : c'était mon île, et j'étais Robinson naufragé survivant dans un océan de verdure ! Je pouvais y passer des heures entières, malgré l’odeur très entêtante des genêts dans la touffeur des jours d’été...

Nostalgie d'un petit coin dans ma mémoire qui sent bon le serpolet et les girolles. Où l’on faisait griller du lard sur des brochettes confectionnées dans du bois de genêt...Où j’ai découvert que le « fayard, (2) ça ne vaut rien ! » (dixit le paysan du cru).

L’odeur puissante et rassurante des sapins, je la retrouve aujourd’hui, même à des centaines de kilomètres, en fermant les yeux. Effet aussi magique que la lampe d’Aladin, qui me transporte dans ce lieu exact, hors du temps, dans cet endroit préservé, inaltérable, bien au chaud à l’intérieur de mon être.

(1) pommes de pin, en patois stéphanois à forte consonance occitane (appelé communément « Le gaga stéphanois »)
(2) franco-provençal, du latin fagus (hêtre)
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(Ce texte est écrit pour le thème hebdomadaire des Impromptus)

2 commentaires:

vince a dit…

salut ma tiss!!!
Halàlà!!!!! que de souvenir dans ce pilat de ton enfance!!
combien d'instants délicieux j'ai passé avec la famille masson de la jasse!
combien de fois j'ai monté le sentier qui longe le saut du gier!!!
Il est beau ton pays tu peux le dire.
tu dis que le versant Est c'est la vallée du rhone; je dis que ça sent déjà la provence à partir de Riorama avec les toits plats tenus par des pierres.
fouilla!!! j'y retournerais bien la-haut.
gros bisous

vince a dit…

Bonne et heureuse année et bonne santé à toi et à tous ceux que tu aime ainsi qu'à ton blog Françoise et à tes lecteurs aussi.
Continue de nous ouvrir l'esprit.
je t'embrasse.